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Le personnel médical de la Charité – Universitätsmedizin de Berlin explique comment il a pris en charge un patient atteint de la maladie à virus Bundibugyo.
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La préparation porte ses fruits : la gestion des cas d’Ebola dans les hôpitaux d’Allemagne et de République tchèque

27 juillet 2026
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La récente épidémie qui touche l’Ouganda et la République démocratique du Congo est due à la souche « Bundibugyo » du virus Ebola. Elle est très contagieuse et se transmet principalement par contact direct avec les fluides corporels de personnes infectées. Les thérapies, qu’il s’agisse de traitements par anticorps monoclonaux ou antiviraux, en sont encore au stade des essais, et aucun vaccin n’a encore été homologué. Par conséquent, les protocoles rigoureux de lutte anti-infectieuse (PCI), appliqués par un personnel bien formé, sont essentiels pour briser la chaîne de transmission interhumaine, protéger les professionnels de santé et prévenir la propagation au sein des établissements.

Le 22 juillet, un travailleur humanitaire britannique résidant en République démocratique du Congo a été évacué pour raisons médicales vers le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord afin d’y être mis en observation, à la suite d’une exposition potentielle au virus Ebola dans le cadre de soins de santé. À son arrivée, le patient ne présentait aucun symptôme.

« Le risque pour la population reste faible », déclare Richard Pebody, directeur du service « Épidémies et infections émergentes » à l’Agence britannique de sécurité sanitaire. « Cette personne a été transférée par mesure de précaution maximale, et nous sommes heureux que son état reste satisfaisant. »

Auparavant, le 13 juillet 2026, un citoyen des États-Unis d’Amérique présentant des symptômes de la maladie causée par le virus Bundibugyo avait été transféré, dans le cadre d’une évacuation médicale, vers l’unité d’isolement de haut niveau (HLIU) de l’hôpital universitaire de Francfort (Allemagne). Par la suite, il a été confirmé qu’il s’agissait de la maladie causée par le virus Bundibugyo. Avec ce nouveau cas, le nombre total de cas confirmés dans la Région européenne de l’OMS s’élève désormais à 3. Toutes ces personnes ont été exposées au virus dans des zones touchées par l’épidémie. Comment les hôpitaux se préparent-ils à accueillir des patients exposés à une maladie aux conséquences aussi graves ? Comment parviennent-ils à endiguer la transmission tout en leur prodiguant des soins avec bienveillance ? Une fois les patients sortis de l’hôpital, tout risque ayant été écarté, que pouvons-nous retenir de ce qu’il s’est passé ?

Transport à l’hôpital, en toute sécurité

Le 20 mai, un médecin des États-Unis ayant été exposé à la maladie à virus Bundibugyo durant l’épidémie récente a été transporté à Prague (République tchèque) à la demande de l’ambassade des États-Unis d’Amérique, formulée auprès du ministère de la Santé de la République tchèque. Même si le risque que ce médecin contracte la maladie était jugé faible et que cette personne ne présentait aucun symptôme, il était important de lui garantir un accès immédiat à des soins médicaux hautement spécialisés au cas où son état viendrait à évoluer. Le médecin a été pris en charge par le Centre national d’isolement et de traitement des maladies infectieuses à haut risque de l’hôpital universitaire de Bulovka, qui dispose de moyens de pointe pour la lutte anti-infectieuse.

« Cette opération s’est déroulée conformément aux procédures établies par la République tchèque pour la gestion de situations similaires », explique Zdeněk Kyselý, du Centre des opérations d’urgence de santé publique du ministère tchèque de la Santé. « Toutes les mesures de précaution habituelles prévues pour la prise en charge d’une personne potentiellement exposée à une maladie infectieuse extrêmement dangereuse ont été appliquées tout au long du transport et de l’hospitalisation qui a suivi. »

Le patient a été transféré dans un caisson de transport en milieu protégé, appelé « unité d’isolement du patient », dont il a été extrait pour être placé dans une tente en plastique installée à l’hôpital, afin d’y être mis en observation. Ce transfert a mobilisé des spécialistes des maladies infectieuses, de l’épidémiologie, de la médecine de soins intensifs, de la protection de la santé publique et des services médicaux d’urgence. Le service des pompiers de la République tchèque, la police tchèque et l’aéroport de Prague ont également joué un rôle important dans cette opération.

L’un des facteurs clés du succès de la mission a été le fait que toutes les organisations participantes étaient préparées de longue date.

« La République tchèque organise régulièrement des exercices axés sur la gestion des cas suspects de maladies infectieuses à haut risque, ce qui permet à tous les partenaires concernés de réagir rapidement, efficacement et de manière bien coordonnée », affirme Zdeněk.

Le patient est resté en isolement total jusqu’à ce que la période d’incubation de 21 jours se soit écoulée sans incident, avant d’être autorisé à rentrer chez lui auprès de sa famille.

Un cas confirmé en Allemagne

Lorsqu’un autre professionnel de santé américain, infecté par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo, a été transféré au service des maladies infectieuses, de médecine respiratoire et de soins intensifs de la Charité – Universitätsmedizin de Berlin, la préparation de l’hôpital et de son personnel a également été mise à l’épreuve. La gestion prudente et attentive des soins prodigués au patient et à sa famille, tout en garantissant la sécurité des autres membres du personnel et des autres patients, a réuni des cliniciens, des responsables de la préparation aux situations d’urgence et des spécialistes de la lutte anti-infectieuse, et s’est appuyée sur les enseignements acquis pendant d’autres épidémies de maladies infectieuses aux conséquences graves.

Pour le docteur Alexander Uhrig, médecin expérimenté du service de soins intensifs, un mantra s’impose lorsqu’il s’agit de prendre en charge des maladies hautement contagieuses : identifier, isoler et informer. Dans le cas du patient de la Charité, l’hôpital savait déjà qu’il avait été testé positif à la maladie à virus Bundibugyo. Cependant, dans de nombreux cas, la première tâche d’un hôpital consiste à identifier et à diagnostiquer suffisamment tôt une éventuelle maladie infectieuse aux conséquences graves afin d’adapter la réaction de l’établissement. La deuxième consiste à isoler la personne du flux habituel des patients. La troisième est de veiller à ce que les personnes compétentes soient alertées rapidement : équipes cliniques, service de lutte anti-infectieuse, services de laboratoire, direction de l’hôpital. Le but est que les mesures soient coordonnées et que le patient soit pris en charge tout en empêchant la propagation de la maladie.

« Ces 3 étapes fondamentales sont indispensables pour mettre en œuvre votre politique de PCI face à un cas suspect de maladie infectieuse à haut risque. Mais cela ne veut pas dire que ce soit si simple », dit Alexander. « Vous devez tenir compte de l’infrastructure de votre hôpital ou de l’établissement de santé dans lequel vous travaillez, car il n’est pas toujours facile, selon les circonstances, d’isoler les cas suspects du reste des patients. »

Des agents de santé en équipement de protection soignent un patient lors d'un exercice de formation sur Ebola.

Le personnel médical de la Charité – Universitätsmedizin de Berlin explique comment il a pris en charge un patient atteint de la maladie à virus Bundibugyo. Photo : Charité.

La formation est une mesure de sécurité, et non un événement ponctuel

Le docteur Miriam Stegemann, médecin-chef du Campus Virchow Klinikum du Service des maladies infectieuses et de médecine intensive de la Charité – où se trouve l’HLIU – s’est également occupée de ce patient. Elle souligne que la sécurité des soins repose sur un personnel bien formé, et que la formation doit être continue.

« Au sein de notre unité d’isolement de haut niveau, à Berlin, nous disposons d’un programme de formation établi de longue date, dans le cadre duquel nous formons le personnel 1 fois par mois, voire plus souvent, au sein même de l’établissement. C’est dans cet établissement que nous avons pris en charge le patient et que nous avons également mis en quarantaine sa famille, qui étaient des personnes contacts à haut risque. »

Grâce à cette répétition, les étapes complexes deviennent des tâches routinières, il y a moins d’hésitations dans les situations stressantes, et cela contribue à ce que les équipes gardent confiance en elles.

Le docteur Brar Piening est directeur adjoint de l’équipe PCI à la Charité. « Nous préparons cela depuis toujours – je participe depuis 2006. Nous nous sommes beaucoup préparés mentalement à toutes ces procédures, mais la formation reste un problème. Comme vous êtes confronté à un certain roulement du personnel, il est nécessaire qu’une grande partie de l’équipe y soit mentalement préparée et connaisse les procédures, afin que vous puissiez faire appel à elle en cas de besoin. »

Les systèmes, plus importants que le « niveau maximal d’EPI »

Pour prodiguer des soins au patient, le personnel de la Charité a porté, au sein de l’HLIU, un maximum d’équipements de protection individuelle (EPI), notamment des combinaisons entièrement hermétiques. Une filtration d’air par filtre HEPA (filtre à air à haute efficacité) et des zones contrôlées pour l’enfilage et le retrait des équipements, avec une douche de décontamination, constituent une mesure de sécurité supplémentaire adaptée à cette configuration spécifique. Mais l’équipe insiste sur un point essentiel : le choix des EPI doit être adapté au contexte et à la formation.

Le docteur Alexander Uhrig évoque les enseignements acquis grâce à la collaboration avec des collègues travaillant dans des régions à faibles ressources touchées par l’épidémie. « Nos collègues du Rwanda nous ont appris que, même avec d’autres types d’EPI – lorsque l’on se trouve dans un environnement où chacun respecte les mesures essentielles d’isolement des contacts et d’isolement respiratoire, en accordant une attention particulière à la protection des yeux – ce type d’EPI peut vous protéger contre les dangers liés à des maladies infectieuses aux conséquences graves, telles qu’Ebola et la maladie de Marburg, de la même manière que nos combinaisons coûteuses et entièrement hermétiques. »

Au cours d’un webinaire organisé par l’OMS/Europe et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, qui a suivi la sortie en toute sécurité du patient guéri, les 3 membres du personnel de la Charité ont tous souligné l’importance de la collaboration avec des partenaires expérimentés dans la gestion des épidémies. Ce webinaire visait à communiquer certaines considérations sur les mesures de PCI et à diffuser des ressources d’une importance majeure dans le contexte de l’épidémie d’Ebola.

En définitive, la préparation est une stratégie à l’échelle de tout un système, avec un personnel bénéficiant d’une formation continue, des locaux aménagés de manière adéquate, des procédures rodées, une communication claire et la capacité des établissements de santé à s’adapter en toute sécurité. Le risque lié au virus Ebola dans la Région est faible, mais lorsque le prochain cas de maladie infectieuse aux conséquences graves se présentera, qu’il soit prévu ou imprévu, ce sont les investissements en matière de préparation, tels que ceux réalisés à l’hôpital universitaire de Bulovka et à la Charité, qui détermineront la rapidité avec laquelle un établissement pourra protéger son personnel, assurer la sécurité des soins et prévenir la propagation du virus.